Poser une terrasse sur plots séduit par sa simplicité apparente et le peu d’outillage nécessaire. Ce tutoriel couvre les deux matériaux les plus courants, les lames de bois et les dalles carrelage, puisque la méthode de préparation du sol et de pose des plots reste identique dans les deux cas (pour le détail spécifique au bois, voir comment poser une terrasse en bois sur plots réglables). Seule la fixation finale change vraiment.
La méthode en bref : du sol nu à la terrasse finie
Concrètement, une pose sur plots se déroule en cinq grandes étapes : nivellement du support existant, mise en place d’un film géotextile et d’une couche drainante, calcul et positionnement des plots réglables, calepinage pour organiser les découpes, puis pose des lames ou dalles avec réglage de la hauteur au fur et à mesure. Chaque plot se règle indépendamment, ce qui permet de rattraper les défauts de niveau d’un sol sans avoir à couler de dalle béton. C’est justement ce qui rend cette technique accessible en autoconstruction.
Le principe des plots PVC réglables repose sur une vis centrale qui fait varier la hauteur de quelques centimètres à parfois plus de 30 cm selon le modèle. On les pose sur un sol stabilisé, drainant, jamais directement sur de la terre meuble qui finirait par s’affaisser avec les intempéries, contrairement à une structure surélevée comme celle décrite dans notre guide sur la construction d’une terrasse sur pilotis en bois.
Préparation du sol : les fondations d’une pose réussie
Évaluation et nivellement du terrain
Avant tout, il faut observer la pente naturelle du terrain. Un léger dévers, de l’ordre de 1 à 2 %, est même souhaitable pour favoriser l’évacuation eau vers l’extérieur de la terrasse plutôt que vers la façade. Le sol doit ensuite être décaissé sur une dizaine de centimètres, débarrassé des racines, cailloux volumineux et débris, puis compacté à la plaque vibrante si la surface est importante.
Ce nivellement conditionne toute la suite du chantier : des plots posés sur un support irrégulier finiront par bouger, tasser ou se désolidariser à la longue. Un léger contrôle au niveau à bulle ou au laser sur plusieurs points du terrain évite de mauvaises surprises une fois les lames posées.
Pose du film géotextile et couche drainante
Une fois le sol nivelé, on déroule un film géotextile sur toute la surface, en le faisant remonter légèrement sur les bords. Ce textile empêche les remontées de terre et limite la pousse des végétaux tout en laissant l’eau s’infiltrer. Il joue un rôle d’étanchéité partielle sans bloquer le drainage, ce qui est essentiel pour éviter la stagnation d’humidité sous la terrasse.
Par-dessus, on étale une couche drainante de graviers, généralement 5 à 10 cm de gravillons concassés de type 20/40, que l’on compacte légèrement au râteau puis au rouleau. Cette couche assure à la fois la stabilité des plots et un drainage efficace, deux conditions indispensables à la durabilité de l’ouvrage, notamment sur un support argileux qui retient l’eau.
L’erreur qui coûte cher : oublier le drainage
Beaucoup posent les plots directement sur de la terre tassée pour gagner du temps. Résultat : après une saison de pluie, les plots s’enfoncent inégalement et la terrasse se met à onduler. Les quelques centimètres de graviers compactés évitent ce désagrément et se rentabilisent largement sur la durée de vie de la terrasse.
Choix et calcul des plots réglables
Les plots PVC réglables existent en plusieurs gammes selon la plage de réglage hauteur recherchée : des modèles fixes à faible hauteur pour les sols déjà quasi plans, jusqu’à des plots télescopiques pouvant compenser des dénivelés de 20 à 40 cm. Certains intègrent une tête pivotante, pratique pour ajuster une légère pente sans caler manuellement.
Pour calculer le nombre de plots nécessaires, on se base sur l’espacement recommandé par le fabricant des lambourdes ou des dalles, généralement entre 40 et 60 cm entre chaque point d’appui. Une terrasse de 20 m² demande ainsi souvent entre 35 et 50 plots, un renfort étant systématiquement ajouté en périphérie et aux jonctions de lames pour éviter tout fléchissement.
| Surface terrasse | Espacement lambourdes | Nombre de plots (estimation) |
|---|---|---|
| 10 m² | 40 cm | 20 à 25 |
| 20 m² | 50 cm | 35 à 50 |
| 30 m² | 50 cm | 55 à 70 |
Calepinage et tracé d’implantation
Le calepinage consiste à dessiner sur papier, ou au sol, la disposition finale des lames ou dalles avant de fixer le moindre plot. Cette étape permet d’anticiper les coupes périmétriques, de repérer les zones où une dalle entière ne rentrera pas, et de limiter le gaspillage de matériau. On part généralement d’un angle de référence, souvent le point le plus visible depuis la maison, pour que les découpes se retrouvent sur les bords les moins exposés au regard.
Le tracé d’implantation se matérialise ensuite au cordeau, en tendant des fils perpendiculaires qui marquent les axes des futures lambourdes ou les alignements de dalles. C’est ce quadrillage qui guide la pose des plots, un par un, en respectant scrupuleusement l’espacement calculé précédemment.
Pose des dalles ou lames : étapes détaillées
Installation des plots et réglage de niveau
Chaque plot se pose à l’intersection du tracé, sur la couche drainante déjà compactée. On visse ou dévisse la tête réglable jusqu’à obtenir le niveau souhaité, en contrôlant régulièrement à l’aide d’un niveau à bulle posé sur une latte reliant plusieurs plots. Il vaut mieux avancer plot par plot en vérifiant l’alignement plutôt que de tout poser puis de corriger, ce qui prend souvent plus de temps.
Pour une terrasse en bois, des lambourdes viennent ensuite se poser sur les plots avant de recevoir les lames. Pour une terrasse carrelage, certains modèles de plots supportent directement la dalle grâce à des cales d’espacement intégrées.
Fixation et alignement des lames/dalles
Les lames de bois se vissent sur les lambourdes avec des espacements réguliers de 4 à 6 mm entre chaque planche, ce qui permet au bois de travailler avec les variations d’humidité sans se déformer. Les dalles carrelage, elles, reposent simplement sur les têtes de plots équipées de croisillons qui garantissent un espacement constant et un alignement propre sans nécessiter de colle ni de mortier.
Il faut également prévoir des joints de dilatation tous les 4 à 5 mètres linéaires sur les grandes surfaces, particulièrement en bois, pour absorber les mouvements liés aux écarts de température sans que la structure ne se déforme.
Finitions : coupes périmétriques et évacuations
Une fois la surface principale posée, il reste les découpes en bordure de terrasse, autour d’un poteau ou le long d’un mur en angle. Ces coupes périmétriques se réalisent à la scie sauteuse pour le bois ou à la disqueuse à disque diamant pour le carrelage, en laissant toujours un léger jeu pour la dilatation. On profite de cette étape pour vérifier que l’évacuation eau vers les points bas se fait sans obstacle, notamment au niveau des jonctions entre plots et gouttières éventuelles.
Entretien et durabilité de votre terrasse sur plots
L’entretien terrasse sur plots reste plus simple qu’une pose scellée, puisque les lames ou dalles se démontent individuellement pour accéder au vide sanitaire en dessous. Un nettoyage annuel au jet, un contrôle du serrage des plots et une inspection du film géotextile suffisent généralement à préserver l’ouvrage plusieurs années. Pour le bois, un traitement hydrofuge ou une huile spécifique tous les un à deux ans limite le grisaillement et les fissures liées aux UV.