La question revient souvent avant de se lancer dans une rénovation : faut-il vraiment gratter les murs ou peut-on gagner du temps en posant directement un nouveau revêtement ? La réponse n’est pas tranchée dans un sens ou dans l’autre, elle dépend surtout de l’état de la surface murale actuelle.
Oui, il est possible de coller du papier peint sur du papier peint, mais seulement sous certaines conditions précises. L’ancien revêtement doit être parfaitement adhérent, sec, sans bulles ni décollement, et idéalement d’un type compatible avec la nouvelle pose. Dans le cas contraire, le risque de voir les deux couches se détacher ensemble quelques semaines après la pose est réel.
Les conditions indispensables pour coller sur l’ancien papier peint
Avant toute chose, il faut examiner le mur avec attention. Un papier peint qui gondole, qui présente des taches d’humidité ou dont les joints se soulèvent ne constitue pas une base fiable. Ajouter une nouvelle couche dessus reviendrait à masquer un problème sans le résoudre, et le résultat finirait par se voir, voire par se décoller entièrement.
Vérifier l’état du papier peint en place
Le test le plus simple consiste à appuyer un morceau de scotch sur plusieurs zones du mur, puis à tirer d’un coup sec. Si le papier reste bien fixé, l’adhérence est correcte. Si le scotch arrache une partie du revêtement, c’est le signe que le support n’est pas assez solide pour recevoir une seconde couche. Ce test d’adhérence doit être répété à plusieurs endroits, notamment près des angles et des plinthes où l’humidité s’infiltre plus facilement.
Les types de papier peint incompatibles
Certaines combinaisons posent problème. Le papier peint vinyle, par exemple, possède une surface lisse et souvent imperméable qui empêche la colle de bien pénétrer. Coller un nouveau lé dessus expose à un mauvais accrochage, surtout si le second revêtement est lui aussi en vinyle. À l’inverse, le papier peint intissé offre une meilleure porosité et se prête plus volontiers à une pose en surcouche, à condition que l’ancien support soit lui-même en bon état.
L’erreur classique : superposer deux vinyles
Poser un papier peint vinyle sur un autre papier peint vinyle est la combinaison la plus risquée. Les deux surfaces sont peu absorbantes, la colle sèche mal entre elles et des bulles d’air apparaissent souvent après quelques jours. Mieux vaut décoller l’ancien revêtement dans ce cas précis.
Préparer la surface avant la pose
Une fois l’adhérence validée, la préparation du mur reste une étape à ne pas négliger. Il faut commencer par lessiver la surface pour retirer poussière, traces de graisse et résidus divers qui empêcheraient la nouvelle colle de bien accrocher. Ce dégraissage se fait avec une éponge légèrement humide et un produit doux, en évitant de détremper le papier existant.
Les défauts visibles, comme un joint mal recollé ou un léger relief, doivent être aplanis à la spatule. Si le mur présente de petites irrégularités, l’application d’une sous-couche spécifique peut uniformiser la surface et améliorer l’accroche du nouveau revêtement. Cette étape est particulièrement utile quand l’ancien papier peint a un motif en relief marqué, qui risquerait de transparaître sous la nouvelle couche.
Choisir le bon papier peint et la bonne colle
Pour ce type de pose, le papier peint intissé reste le choix le plus sûr. Sa structure permet une meilleure respiration du mur et limite les risques de rétention d’humidité entre les deux couches. Il se pose généralement en encollant directement le mur plutôt que le lé, ce qui simplifie aussi le travail.
Le choix de la colle pour papier peint dépend du poids et du type de revêtement choisi. Une colle spéciale intissé, plus épaisse, convient aux papiers lourds ou texturés, tandis qu’une colle classique suffit pour des lés plus légers. Il vaut mieux éviter les colles trop liquides, qui pénètrent l’ancien papier peint et risquent de le ramollir, fragilisant l’ensemble.
Les étapes de pose du nouveau papier peint
La pose elle-même suit un déroulé assez classique, avec quelques précautions supplémentaires liées au fait de travailler sur un support déjà recouvert.
- Découper les lés à la bonne hauteur en prévoyant une marge pour les ajustements en haut et en bas.
- Encoller le mur ou le lé selon le type de papier peint choisi, en respectant le temps de gommage indiqué par le fabricant avant la pose.
- Positionner le premier lé bien à l’aplomb, en s’aidant d’un niveau ou d’un fil à plomb.
- Maroufler chaque lé avec une spatule ou une brosse à maroufler pour chasser les bulles d’air et assurer un contact uniforme avec le support.
- Ajuster les raccords de motif d’un lé à l’autre avant que la colle ne commence à sécher.
- Nettoyer les surplus de colle au fur et à mesure pour éviter les traces une fois le mur sec.
Le marouflage mérite une attention particulière : c’est lui qui garantit une adhérence homogène et évite les poches d’air qui se remarquent surtout sous un éclairage rasant. Un lé mal maroufflé sur un ancien papier peint a plus de chances de se soulever avec le temps, car la double épaisseur rend l’ensemble plus lourd et moins souple.
Quand faut-il absolument retirer l’ancien papier peint ?
Certaines situations imposent un décollage complet avant toute nouvelle pose. C’est le cas lorsque le mur présente des traces d’humidité, des moisissures, ou un papier peint qui se déchire au moindre contact. Poser une nouvelle couche dans ces conditions ne fait que retarder un problème qui reviendra, souvent amplifié.
Le décollage devient aussi préférable si l’on souhaite changer radicalement de texture, passer d’un relief épais à un papier lisse par exemple, ou si les joints entre lés sont trop visibles pour être masqués. Dans ces cas, un temps de gommage suffisant appliqué sur l’ancien revêtement avec de l’eau chaude ou un produit décolleur facilite grandement le retrait, surtout sur un papier peint intissé qui se détache généralement en une seule pièce.
Au final, coller du papier peint sur du papier peint reste une solution de dépannage valable, à condition de ne pas transformer un gain de temps en source de problèmes futurs. Un mur sain, un test d’adhérence concluant et un revêtement adapté suffisent souvent à obtenir un résultat propre et durable.